Les Ballets écarlates- Jean-Pierre Mocky

Réflexions et critique.

La synopsis du film, sorti en 2005, est extrêmement intéressante.  Le sujet, tabou mais à mon sens bien ancré dans la Réalité, avait tout pour plaire, tout pour être un bon film. Absolument tout.

Une mère dont l’enfant a disparu, voit, un soir, un petit garçon frapper à sa porte, un peu blessé et ne souhaitant pas dire d’où il vient ni qui il est.  
Cet enfant, échappé, d’une soirée “organisée” pour des notables influents de la Région, a été prostitué par son propre père, alcoolique. 

Evidemment, cela sonnait terriblement dramatique. Et comme j’aime les drames…. Je me suis lancée.

En visionnant la vidéo de Mocky, dans laquelle il exprime son mécontentement face à l’absence de projection de son film, ailleurs qu’au Desperado, sa propre salle de cinéma, dans Paris V; je pensais que le film avait été interdit parce qu’il dénonçait avec réalisme, de manière brute et difficile, une Réalité existante sur un sujet bien trop tabou dans notre Société.

Je le croyais a priori….

Attention… Avec cette chronique, je vais encore me faire des amis…

Bien sûr, le fait que le sujet soit grave et tabou, qu’il concerne des élites, tous domaines confondus (justice,politique, médecine…), est, peut-être, l’une des raisons de cette censure et de l’absence de médiatisation.

Bien sûr, le film par le sujet qu’il traite, pose des questions délicates sur les hiérarchies protégées et les réseaux de pédophilie souterrains et extrêmement bien organisés. Et ça coince.

Il remet en question des systèmes corrompus permettant, par le biais de l’argent, d’acheter des enfants pour une nuit auprès de passeurs ou des parents eux-mêmes. Et ça coince.

Honnêtement, plantée devant mon ordinateur, j’étais impatiente à l’idée de regarder Les Ballets Ecarlates.
J’avais prévu des émotions fortes, et la boîte de mouchoirs à côté de moi.

Je m’attendais à quelque chose de pointu, de dérangeant, de véritablement efficace en matière de coup de gueule contre la pédophilie organisée.
Quelque chose de puissant pour traiter un sujet aussi grave, aussi abominable, aussi dingue.
Car je pensais, naïvement, que, lorsqu’on fait quelque chose, qu’on crée un film, avec ses tripes, ses propres convictions et qu’on y met toute sa force, il est ressort forcément quelque chose de bon.

Ca me paraissait être le cas pour Les Ballets Ecarlates. Mocky étant assez engagé auprès de la cause enfantine.
Je m’attendais donc à quelque chose de fort, de poignant, avec du suspens, de l’angoisse, de la peur, du dégoût….
Quelque chose qui montre la Vérité, qui écoeure, qui révolte.

Et…. Dès les premiers instants, j’ai compris.

J’ai compris quelle allait être ma déception tout le long de ce film… J’ai vraiment compris.

 


 

Critique et analyse du film.

 

Le film s’ouvre sur un portail d’école, et des dialogues de mamans lambda… Et dès les premiers mots échangés, ça coince.

Les personnages jouent mal, les intonations sont fausses, irréalistes, en dehors de toute vraisemblance, les articultations sont exagérément lentes et les visages inexpressifs.

Le scénario est extrêmement incompatible avec un film qui se voudrait “réaliste”, tout comme les dialogues d’ailleurs qui semblent sortis d’autres situations, incohérents et sont totalement hors de contexte.

Pas du tout crédible.

Je ne peux pas citer tous les passages évidemment… Mais dès le début lorsque Violaine trouve Eric devant chez elle…. Et, ça coince!  Elle a un comportement, pose des questions et tient un discours absolument improbables. Ca ne colle pas du tout avec ce qui devrait être joué et dit.

Tout comme son idée arrêtée sur la disparition de son fils qui, pour sûr, ne reviendra jamais. C’est totalement impossible qu’une mère prononce le discours qu’elle tient dans cette scène avec Eric.

Une mère ayant un enfant disparu, même depuis longtemps, se bat toujours et n’abandonne jamais l’idée que celui-ci puisse encore être en vie, quelque part.
L’espoir demeure toujours dans leur coeur des mères et des pères.

On passe donc, scènes après scènes, par des moments grotesques. Les acteurs défilent et sont tous plus mauvais les uns que les autres, pas de regards parlants, pas de jeux d’acteur, juste du vide.
On se croirait à la kermesse de l’école quand les enfants font leur spectacle de fin d’année. Et récitent.

Parce que, à mon grand regret, il s’agit uniquement de ça: de pur récit de texte, comme on récitait des dictées à l’école, sans aucune vie, sans intonation, sans talent.

C’est abominable à voir. Vraiment.
Des scènes sont insoutenables par la qualité extrêmement médiocre des acteurs, je pense notamment au personnage de Maxime qui n’articule pas et parle au ralenti, étrangement: tous ses textes sonnent faux, et tous ses gestes aussi.

C’est terriblement difficile que d’être confronté à cela, tellement tout est grotesque.

La folle soirée, qui est censée être un moment clé du film, s’avère être une catastrophe, à la limite du risible, et produit donc l’effet inverse que celui, je pense, désiré par Mocky.

On sent le film fait, comme bien souvent avec Mocky, à la va-vite, avec peu de moyens, certes, mais ça n’excuse pas tout.

De bons comédiens, ça se trouve. Des personnalités, des gueules, des regards, des talents, des personnes qui ne demandent qu’à être découvertes. Ca existe!

Quelques personnages jouent assez justes et alors on s’extasierait presque…  On notera le jardinier (nom inconnu) de la maison qui indique à Mathieu et Violaine qu’un enfant vient de passer, ainsi que Mocky (Mathieu) et Alain Fourès (Martin), le tueur de Colette et passeur.

Par moments Hortense Belhôte (Colette) tient son rôle, ça dure quelques secondes,et de nouveau, elle retombe à côté de la plaque. Les jeux sont faux, les mots ne collent pas avec le personnage et la tonalité. Quel dommage !

On sent les acteurs pas dirigés avec une mise en scène basique qui ne met pas en valeur les personnages, la peur, l’angoisse et le suspens qu’on attendrait d’un film sur la Pédophilie en bande organisée.

C’est donc terriblement navrant. On croirait une parodie. Et le style volontairement minimaliste, à l’ancienne, avec un cadrage par scène, vient mettre encore plus l’accent sur le sentiment d’imposture.
Ca a été une grosse déception face à un sujet qui me tenait tant à coeur… Mais on retiendra l’essentiel: la bonne intention du réalisateur, Mocky, qui voulait mettre le doigt sur ce tabou.
On a de la peine, non pas pour les enfants dans le film, puisque tout est joué de manière grotesque et que de fait, on n’arrive pas du tout à se plonger dans l’histoire, mais pour les personnages qui, semble-t-il, donnent le meilleur d’eux-mêmes, font ce qu’ils peuvent, et sont pourtant terriblement mauvais.

 

Et c’est là qu’on réalise encore une fois, qu’outre une histoire géniale et un sujet intéressant, ce sont surtout les acteurs qui portent les films.

Et pour “Les Ballets Ecarlates”, malheureusement… Ce n’est pas le cas.

Je vous laisse juger par vous-mêmes:

 

 

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