Jean-Pierre Mocky

Voilà un cinéaste dont on parle peu, et qui a pourtant fait son trou depuis qu’il a écrit son premier film  “La tête contre les murs” il y a plus de cinquante ans.

Fait son trou, oui mais contre vents et marées, souvent avec peu de moyens financiers et d’aides extérieures.

Il a pourtant fait tourner les plus grands de Francis Blanche ou Bourvil à Fernandel en passant par Michel Serrault ou plus récemment Bohringer, et malgré tout, Mocky reste un réalisateur et metteur en scène dans l’ombre.

Bien qu’il ait aussi fait beaucoup de belles rencontres dans sa vie -si vous ne le saviez pas, Mocky a croisé la route de nombreuses personnalités emblématiques du Cinéma: on pense à Clint Eastwood, Visconti, Delon, Deneuve et tant d’autres- Mocky pose problème. Mais quoi? Qui? Lui? Ses films? Son cinéma?

Ceux qui ont croisé son chemin ont de grands noms et de vastes influences. Entre coups de gueule, ruptures nettes, grandes amitiés ou parfaites inimitiés, Mocky a su construire son “monde”, à l’écart des Paillettes pourtant si attirantes.

Il est le seul réalisateur à avoir fait tourner autant de grands acteurs et à posséder son propre cinéma car ses films se voient refuser les projections de manière quasi systématique. Son cinéma, Le Desperado, situé Rue des Ecoles dans Paris V, est un endroit où on passe beaucoup de films à l’ancienne, avec un brin de Nostalgie.

Pourtant, Mocky n’est pas connu parce qu’il possède un Cinéma Indépendant d’Art et d’Essais.

Il est, à mon grand regret, beaucoup moqué non pas pour ses films, mais pour ce qu’il représente.

Son expression libre, non-censurée, pleine de gros mots et sans aucun tabou….
Célèbre par ses coups de gueule, ses insultes, on a même crée la “Boîte à Mocky”, interface reprenant les engueulades de tournage les plus connues ainsi que les dérapages vocaux du metteur en scène.

 

Et moi, je trouve ça drôle, bien sûr, mais tellement dommage !
Car Mocky, outre son caractère bien trempé qu’il assume pleinement: il est ce qu’il est, contrairement à beaucoup de comédiens et cinéastes de nos jours, croupis et ensevelis sous une couche de vernis éclatant et bien lisse, a un regard original.

C’est tellement dommage de ne mettre la lumière sur Mocky qu’à travers son caractère explosif, sans jamais vraiment, s’intéresser au fond de ses films, au fond de lui-même.

Borderline et provocateur, Mocky dérange. Son cinéma, ses thèmes de prédilection, sa personnalité.

L’absence d’argent dont il se plaint ou qu’il revendique parfois, la censure sont autant d’obstacles constants dans sa carrière, et je pense notamment aux “Ballets Ecarlates”.

Malheureusement, le film n’a pas été diffusé. A mon sens, plusieurs raisons expliquent cela, et pas simplement la censure.

Si vous souhaitez lire la critique des “Ballets écarlates”, c’est ici.

Sujets des malaises, de ce qui révolte, de ce qui met en colère/ On le voit extrêmement préoccupé par la cause enfantine, on pense notamment à son film censuré, étouffé car trop dérangeant d’une part, et peut-être peu qualitatif en terme de jeux et de comédiens: “Ballets Ecarlates”.

82 ans et toujours rebelle, fidèle à lui-même.

Derrière cet impulsif chronique se cache un homme authentique, au coeur brûlant et au ventre tordu face à l’Injustice, quelle qu’elle soit, d’où qu’elle vienne.

Avec une préférence pour les sujets à polémiques: la Religion -on se souviendra de son insolence face à un abbé dans l’émission de Paul Amar-, la Pédophilie, la Politique, le Luxe, l’Injustice sociale etc…

Et vous?

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