Festival de Cannes 2018 – Partie 1

Entre privilèges, bling-bling et hypocrisie.

Festival de Cannes 2018 – Partie 1

Ayant eu la chance de participer au Festival de Cannes avec une accréditation pour quelques jours, j’en garde un souvenir très mitigé…
Par Manon Garrido.

Mais…Qui êtes-vous?

Ce qui peut choquer, dès les premiers instants, c’est l’amas de foule devant le Palais des Festivals. Cette espèce de barricade entre -attention, citation célébrissime- « les gens qui ne sont rien et les gens qui réussissent ».

On ressent d’emblée cette espèce de dichotomie, violente, entre ces mondes. Une manière, pour moi, de me sentir inconfortable assez rapidement. On voit même des personnes – tous âges confondus- en smoking ou robes de soirée, arborer des heures durant, des panneaux pour demander des invitations à telle ou telle projection.

Cette « différence » de traitement entre les deux sphères s’applique d’ailleurs -à ma grande surprise!- aux autres « petits » festivaliers professionnels.
Les réalisateurs des catégories Quinzaine des réalisateurs ou Un Certain Regard ainsi que leurs équipes, doivent aussi faire la queue pendant des heures pour pouvoir accéder -sous réserve de places suffisantes!- à une projection… Ca a été une vraie révélation pour moi qui pensais que tous les artistes et réalisateurs logeaient, tout le long du festival, dans des hôtels superbes et étaient invités à grimper sur les marches du Red Carpet à chaque projection dans le Grand Théâtre Lumière.

Petites déceptions et grands moments.

Ainsi, que l’on soit un.e cinéphile qui a eu une accréditation 3 jours à Cannes, une fille de fonctionnaire de la Région qui s’est gentiment vu offrir une invitation, qu’on soit un.e étudiant.e d’école privée de cinéma,  ou qu’on soit un réalisateur ou une actrice de long ou court-métrage (mais pas trop connu.e!), on est tous logés à la même enseigne: la patience.
Du coup, cela créé des scènes un peu désagréables et surréalistes avec l’impression d’être traité.e.s -un peu- comme du bétail. Pas de quartier au moment du tri à l’entrée des salles.

« Il ne reste plus que 5 places,hop, à partir de là (montrant un endroit de la file d’attente formée depuis des heures) c’est fini, vous n’entrez plus. Vous pouvez partir. « 

Je suis un peu sidérée par l’indélicatesse du Staff et par la mauvaise gestion des projections.
Je m’interroge, à moitié en colère: comment un Festival qui connaît sa 71ème édition, peut-il être aussi mauvais gestionnaire, et aussi inefficace…?! Comment peuvent-ils prévoir aussi mal l’affluence dans les salles de cinéma du Palais et des autres cinémas de Cannes…?
Je reste un peu perplexe face à ce traitement un peu inhumain, sans tact aucun. Une vraie claque entre le Glamour du tapis Rouge, et l’autre Festival de Cannes des petits festivaliers.

Moments de grâce.

Par contre, si vous avez réussi à passer dans une des salles de projections -après les multiples plan Vigipirate et agents de sécurité agacés-, alors vous allez pouvoir vous délecter tranquillement d’un film de la Sélection.
Et comment dire?
Le Festival de Cannes choisit méticuleusement tous ses films et quelle que soit la séance à laquelle vous assistez: vous en prenez plein la vue.

Et là, c’est -souvent- de la pure magie qui s’écoule pendant plusieurs heures!

Tout retombe. On oublie le plan Vigipirate et le staff du Festival qui ne sait même pas où on doit aller pour chercher son invitation ni où est telle salle. On oublie même leur ton agressif lors des contrôles. On oublie le monde extérieur. On s’oublie. On frémit. On vibre. On pleure. Tout s’évapore.

Le Festival nous a engloutis. Il ne reste plus rien.

C’est bien là, et uniquement là que se met en scène la magie du Festival de Cannes. Au creux de fauteuils en mousse, face à des écrans géants dans des salles obscures. Loin de la lumière du Tapis Rouge au milieu des flashs crépitants, des robes de grands couturiers et des bijoux à six ou sept zéros.

Pour tous ces moments où j’oublie qui je suis, pour tous ces instants où le monde s’annihile, pour toutes ces émotions vécues à pleins poumons… Merci Cannes!

 


Voir mes autres articles:
Festival de Cannes – Partie 2
Festival de Cannes – Partie 3
Festival de Cannes – Partie 4

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