Miossec- Ici bas, Ici même

“La vie, elle a passé et on l’a comme pas vécue. On peut être, pas assez.
Pas comme on aurait du.

Un album d’un artiste français, peu connu et peu médiatisé, malgré ses longues années de carrière, ses bosses et sa capacité à s’abstraire…
C’était un album que j’attendais avec impatience, après son “Chansons ordinaires” qui m’avait laissée un peu perplexe et que je n’avais pas aimé….

Après ses déboires sur scène auxquels j’avais pu assister en 2004, après mes maux de coeur de le voir dans des états indescriptibles, après mes déceptions aussi. Je l’avoue. J’avais complètement décroché de Miossec.
Presque comme on décroche du chocolat.

Alors…..

J’attendais Miossec. Son vrai retour.

Dès la première chanson, j’ai été conquise.
“On vient à peine de commencer”, morceau choisi comme promo de l’album, avec un clip breton, épuré, fidèle à la couverture du disque, est envoûtant, poétique, langoureux.

Efficace.

Dès cette première chanson, on a envie d’écouter le reste, de se laisser surprendre. Et on n’est pas déçu.

Musicalement, on est bien loin de son album précédent qui était très rock, très engagé aussi, porté sur des thèmes toujours très déchirants.

Avec Ici-bas, ici-même, Miossec signe le retour aux sources, à l’Essentiel.

Les formats restent classiques: les morceaux durent environ trois minutes, mais c’est suffisant; tout y est.

Les mélodies sont plus douces, presque chuchotées pour certaines, comme assagies, on pense notamment à “Ce qui nous atteint”, plus minimalistes, plus rigoureuses et plus travaillées peut-être, moins instinctives, moins incisives.
Elles sont bien moins rageuses, traduisant beaucoup moins de colère et de révolte.

La batterie, la guitare électrique ont cédé leur place à la guitare sèche, au piano et aux choeurs féminins. Ce qui donne un aspect relativement posé et calme à l’album.

Moins rock donc, mais pas moins mélancolique.

Les thèmes abordés restent spleenétiques, mais traités avec une certaine légèreté, une certaine sagesse, un certain détachement.

On a connu le chanteur plus cru, plus grave, plus dur. Plus tourmenté.

On notera aussi la touche d’humour qui a toujours été présente dans l’Univers du Brestois, avec le titre “Répondez par oui ou par non”.

Pourtant, malgré des sourires à l’écoute, il y’a toujours cette émotion déchirante qui nous traverse les oreilles. L’album reste axé sur des questions existentielles, sombres et décapantes. Ainsi, la trame de fond reste, à mon sens, non plus l’alcool ou le sexe (pour Baiser et Boire surtout), mais l’heure du bilan, quand on voit, à pas feutrés, la mort se rapprocher.

Est-ce une coïncidence, après des difficultés connues par le chanteur en terme de Santé?

Ce retour aux bases, à l’essentiel, au nécessaire, comme une envie de balayer tout ce superflu qui empêche d’être, pour ne plus voir émerger que la Lumière de la vie…

Le politique ne prend plus de place et laisse l’humain, ses angoisses, ses attentes, s’étendre librement.

Cet album, avec beaucoup plus de musicalité, beaucoup plus de refrains aussi (qui nous hantent pendant des jours entiers et qu’on fredonne à souhait…) est étonnant de simplicité, de rythmes et de poésie.

Bien que certains accords, certaines intonations de phrases ont pu me faire penser à l’Album L’étreinte et même 1964 (qui furent de très beaux moments musicaux pour moi), on plonge, avec Ici-Bas, Ici-Même, dans un Univers presque nouveau, délesté des poids anciens, mais qui a su sauvegarder ses démons inspirants.

 

Cet Univers musical et poétique, il me semble, a toujours été là, chez Miossec, dans ses albums passés, mais avait été, au fil du temps, trop recouvert du fouillis, du trouble, et des excès, si symptomatiques de la vie artistique.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *